Paix sur Terre, photomontage de la photographe Catherine Rondeau de Montréal

Dans les coulisses d’une féérie hivernale

On me demande souvent d’où me viennent mes idées pour mes photomontages fantastiques et combien de temps il me faut pour les réaliser. D’une fois à l’autre, ce n’est jamais pareil. Si les territoires imaginaires que je concocte sont indéniablement liés à mes recherches sur les rapports entre les contes merveilleux et les mécanismes de la psyché enfantine, l’inspiration surgit le plus souvent lorsque je fouille dans ma banque d’images personnelle à la recherche d’amalgames visuels intéressants. Et cette banque d’images, je l’alimente constamment de photos de lieux, d’objets divers, d’animaux et évidemment de prises de vue avec mes enfants dans des décors ou des situations empreints d’étrangeté. Il est rare que je consacre beaucoup de temps à composer ces images de base; c’est la spontanéité et l’expressivité du moment qui priment, même si je suis toujours soucieuse de créer des fichiers numériques parfaitement exposés. L’étape la plus longue de mon processus de création, c’est toujours le travail de post-production à l’aide du logiciel Photoshop, où je superpose plusieurs couches d’information visuelle pour arriver à minutieusement faire émerger des ambiances oniriques.

Mais contrairement à mes habitudes, pour l’une de mes dernières créations, Paix sur Terre, j’ai mis beaucoup d’efforts dès la prise de vue initiale pour métamorphoser ma fille Emma en fée des neiges. Je n’avais alors pas d’idée précise quant à ce que je ferais ensuite de cette petite fée, mais je voulais lui façonner un habit qui serait en symbiose avec la nature et l’environnement hivernal. J’ai donc commencé par ramasser des branches de pin qui serviraient de matériaux de base pour la confection d’une robe corsetée.

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La fabrication de la robe fut beaucoup plus difficile qu’escompté. Emma a fait preuve d’une patience inouïe pendant que je cousais, une à une, les branches sur une serviette que je lui avais enroulée autour du corps.

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Quand je fus enfin satisfaite du résultat, j’ai appliqué une bonne couche de peinture blanche en bombe aérosol sur la robe afin que les branches de pin se fondent mieux dans la neige.

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Le lendemain matin, la luminosité extérieure était parfaite. Il avait neigé pendant la nuit, les arbres étaient recouverts d’un manteau blanc et il ne faisait pas trop froid, à peine quelques degrés sous zéro. C’était l’occasion ou jamais pour faire la prise de vue! Avant de lui enfiler sa nouvelle tenue, j’ai délicatement enduit Emma de poudre à bébé de la tête au pied pour blanchir sa peau et ses cheveux.

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Une fois dehors il fallait travailler vite car, à moitié nue, Emma n’a pas tardé à grelotter… Nous avons donc fait quelques poses dans différentes positions et attitudes, question de me donner du choix plus tard.

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La suite du processus de création s’est déroulée bien au chaud devant mon écran d’ordinateur. C’est là que j’ai eu l’idée d’intégrer des animaux à la scène. Je me suis notamment servie de photos prises au Musée canadien de la nature à Ottawa deux ans auparavant.

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Après de nombreuses heures à peaufiner l’intégration des différents éléments dans l’espace photographique, Paix sur Terrefut finalement achevé. J’espère que vous avez apprécié cette petite incursion dans le « making of » d’une des mes créations.

 

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