Panneau lumineux dans un parc enneigé indiquant la tenue de l'exposition Traversée boréale à Dorval

Des fermetures absurdes d'institutions culturelles

Dans mon dernier billet, j'évoquais la chance inouïe que j'avais de voir mes œuvres exposées cet automne dans le cadre de trois expositions solos. J'émettais aussi le souhait qu'il n'y ait pas d'annulation en lien avec la pandémie. Hélas, deux des trois diffuseurs ont dû fermer leurs portes... Si je comprends la gravité et la complexité d'une situation sanitaire sans précédent, je me désole de la décision absurde du gouvernement Legault d'interdir l'accès aux musées et centres d'exposition. Après tout, ce sont des lieux qui n'attirent pas de foule, où le fameux 2 mètres est si facile à respecter, où il n'y a rien à toucher. L'incohérence du décret donne à penser que l'arbitraire s'est immiscé dans un impératif d'agir, coûte que coûte. Or, plutôt que de préserver la santé publique, ces fermetures ne font que priver la population d'un accès bienfaisant aux arts et accentuer la précarité de nombreux artistes. Le président du Regroupement des artistes en arts visuels, Moridja Kitenge Banza, dans un message adressé aux membres le 30 septembre dernier, annonçait des démarches auprès du ministère pour faire entendre nos voix. Malheureusement, le gouvernement continue de faire la sourde oreille...

L'Abitibi relativement épargnée

Dans les circonstances, je me considère quand même assez chanceuse. Car aucune de mes expositions n'a été annulée. Comme le niveau d'alerte en Abitibi n'est jamais passé au rouge, le centre VoArt de Val d'Or a même pu accueillir les visiteurs pour toute la durée de l'événement Les états liminaires qui faisait la part belle à ma série Traversée boréale qui occupait la salle principale.

dans une salle d'exposition un homme de dos regarde une des photographies accrochées au mur
Vue d'exposition, Centre VoArt de Val d'Or, 2020

La directrice du centre, Madame Carmelle Adam, m'a souligné combien mes photographies avaient su capter l'attention du public, suscitant de nombreuses questions, notamment au sujet de mon rapport particulier avec mes modèles - mes propres filles - qui ont eu à travailler dans des conditions de froid extrême.

L'inventivité comme remède au royaume du Saguenay

Avec la deuxième vague qui frappe le Saguenay de plein fouet, le Centre national d'exposition (CNE) de Jonquière a été contraint de mettre la clé sous le paillasson à peine deux semaines après l'ouverture de mon exposition De l'autre côté du miroir qui occupe la salle principale. Loin de baisser les bras, la dynamique équipe du CNE a redoublé d'inventivité pour trouver des manières de faire rayonner ses expositions autrement. Résultat : un Trio prêt à emporter au service à l’auto!

photo d'un casque de réalité virtuelle et d'une boîte avec le titre PLEIN LES YEUX, TRIO CNE
Photo d'un homme qui ouvre la portière d'une auto en tenant une boîte trio culturel du CNE

Le kit qui se vend 10 $ comprend une visite virtuelle 360° de l'exposition avec un casque de réalité virtuelle pour téléphone mobile + un atelier de création en arts plastiques  🏠 🎨 + une collation 🍪.

Pour le moment, le Trio est disponible seulement pour les résidents du Saguenay.  Il faut le commander à l'avance au 418-546-2177 poste 4604 ou par courriel animation@centrenationalexposition.com

Je lève mon chapeau au CNE pour les efforts déployés pour concevoir des propositions de contenus numériques novatrices comme alternative aux visites des expositions.

Une vidéo en guise de présence au vernissage

Avant la fermeture du CNE, puisque les circonstances ne m'ont pas permise de rester à Jonquière pour assister à l'ouverture officielle de l'exposition, j'ai réalisé une vidéo en guise de présentation. J'y aborde les fonctions jouées par l'imagination dans le développement psychique des enfants et je livre quelques clés de compréhension des œuvres de ma série De l'autre côté du miroir.

Traversée boréale en mode virtuel

C'est assez particulier comme expérience : monter une exposition en sachant pertinemment qu'aucun visiteur ne viendra voir les œuvres. Ça s'est passé en novembre dernier, au Centre culturel Peter B. Yeomans de Dorval. Comme la Cité a décrété que le centre demeurerait fermé au moins jusqu'au 11 janvier 2021, l'équipe du centre a décidé de mettre en ligne une version numérique de l'expo pour continuer à offrir du contenu culturel aux citoyens. Après l'accrochage des tableaux de ma série Traversée boréale, un photographe est venu réaliser une reproduction à 360º de la salle d'exposition. La technique de captation utilisée ici ne permet pas d'approcher les images, mais donne un bon rendu général. De mon côté, j'ai réalisé une vidéo pour présenter la série. Des liens vers la visite virtuelle et ma vidéo sont disponibles sur le site web de la Cité de Dorval : ville.dorval.qc.ca

Pour annoncer l'événement virtuel, j'ai aussi réalisé cette courte vidéo promotionnelle destinée aux réseaux sociaux. N'hésitez pas à la partager!

Je tiens à souligner toute ma reconnaissance à Sara Giguère et Karine Lacoursière qui font un boulot formidable au Centre culturel Peter B. Yeomans. De même, je tiens à remercier la Cité de Dorval pour le feu vert donné au projet de création d'une version numérique de l'exposition. L'expérience n'est certes pas la même pour le visiteur, mais dans le contexte actuel, j'estime important de souligner les efforts qui sont faits pour soutenir les artistes et trouver des alternatives pour palier aux fermetures ineptes des institutions culturelles.